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La genèse de "An Inland Voyage"

 

 

Stevenson, le goût de l’aventure et de l’écriture

 

L’écriture

Nourri de légendes écossaises et d’histoires religieuses durant toute son enfance, Stevenson devient très vite passionné par la littérature, beaucoup plus que par les études : depuis son adolescence, il aspire à devenir écrivain et s’entraîne assidûment à écrire. Entre 13 et 16 ans, sans limitation de genre, il s’essaie successivement aux récits d’aventure pour le magazine de l’école, au court roman historique sombre, à l’écriture d’une pièce de théâtre puis de nouveau à la publication de revues avec un camarade de l’école et également seul. En 1866, il aboutit à un récit historique sur l’Ecosse révoltée de 1666 : The Pentland Hills, son premier ouvrage publié.

« Un petit Écossais entend beaucoup parler de naufrages, de récifs meurtriers, de déferlantes sans pitié et de grands phares, ainsi que de montagnes couvertes de bruyère, de clans sauvages et de covenantaires pourchassés. » Memories and Portraits: L'étranger de l'intérieur, 1887.

© Wikimedia Commons

 

Le voyage

An Inland Voyage est le premier récit de voyage de Stevenson, mais c’est loin d’être son premier voyage : au gré de sa santé précaire et de celle de sa mère, Stevenson a mené une grande partie de sa scolarité et de ses premiers projets d’écriture entre l’Ecosse, l’Angleterre, la France et l’Italie. Adolescent, il a également accompagné son père, ingénieur constructeur de phares, dans ses tournées d’inspection des ports et des phares à travers l’Ecosse : des îles Shetland à Samoa en passant par l’Île au Trésor, le thème de l’île est déjà présent et toute sa vie, il n’aura de cesse de chercher un climat propice, à l’opposé du « vilain climat » écossais.

« Quant à moi, je voyage non pour aller quelque part, mais pour marcher. Je voyage pour le plaisir de voyager. L’important est de bouger, d’éprouver de plus près les nécessités et les embarras de la vie, de quitter le lit douillet de la civilisation. » Voyage avec un âne dans les Cévennes, 1879.

© Bruno Beucher / Oise Tourisme

 

L’indépendance

En 1876, Stevenson tourne la page de la vie étudiante et du cadre universitaire : après des études d’ingénierie avortées (1867-1871) puis de droit (1871-1875), il reçoit son diplôme d’avocat en juillet 1875. En rupture avec les idées de son père et avec l’Ecosse trop puritaine, c’est à ce moment-là que Stevenson décide de se consacrer pleinement à l’écriture et d’affirmer sa carrière littéraire. Quoi de mieux alors que le voyage pour voir le monde sous un autre jour et prendre un nouveau départ ? Il ne vivra de ses œuvres que bien plus tard, mais il gardera toujours le goût du voyage, de la découverte et de la rencontre avec les locaux.

« Si on admet que la situation de quelqu’un est pénible, désagréable, sans opportunité, et de plus sans utilité, serait-elle d’autre part aussi respectable que l’Église d’Angleterre, le plus tôt cet homme l’aura quittée, le mieux cela vaudra pour lui-même et tous les intéressés. » En canoë sur les rivières du Nord, 1878.

© Bruno Beucher, Wikimedia Commons / Oise Tourisme

 

Pourquoi la France ?

Au XIXe, il est courant pour les jeunes Ecossais aisés de voyager à des fins culturelles ou par pur esprit d’aventure : à l’instar des jeunes aristocrates britanniques du XVIIIe faisant le « Grand Tour », ils consignent leurs expériences dans des carnets de voyage rehaussés de dessins. L’Europe, épicentre de la réflexion sur le roman en plein essor à cette époque, reste la destination de choix, et Stevenson est particulièrement stimulé par la vie artistique et littéraire française. Parmi les auteurs français, il est très inspiré par Villon, Baudelaire, Dumas, Hugo. C’est par de tels échanges que la tradition du roman français et du travel writing va s’installer durablement en Angleterre.

« J'aime ce pays un peu plus chaque jour et je fais des progrès inespérés en dessins. » « Nul lieu en ce monde ne m'a jamais paru posséder le charme de ces pages, et mes propres amis ne sont pas tout à fait aussi réels, ni peut-être aussi chers, que d'Artagnan. » Lettre de 1878 et Memories and Portraits: A propos d’un roman de Dumas, 1887.

© Bruno Beucher / Oise Tourisme

 

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En quelques chiffres
1 878Parution de 'An Inland Voyage'
26Âge de Stevenson lors du voyage