Les savoir-faire de l’Oise

Attachée à ses traditions et métiers d’art, l’Oise a fait de ses savoir-faire l’un de ses atouts premiers. On apprend ainsi que le village de Méru fut non seulement la capitale de la nacre mais reste aujourd’hui encore le détenteur d’un art singulier. Du coquillage naissent boutons, dominos, bijoux … Plus loin, du côté de Saint-Maximin, la pierre est toujours extraite pour restaurer aujourd’hui les plus beaux monuments, comme hier lorsqu’elle servit à construire les Invalides ou la place Vendôme. A Beauvais, les lissiers font encore palpiter leur ville du cliquetis de leur métier à tisser. A Creil, une clouterie … à Saint Félix, une ancienne brosserie … à Saint Samson la Poterie, une fabrique de carrelages …

« Saviez-vous que la Pierre de Saint Maximin, a servi à construire la moitié des monuments de Paris ? C’est une richesse et un savoir-faire du Sud de l’Oise » Marcel Saint-Pol de Saint-Maximin.

La Pierre de Saint-Maximin

Quel est le point commun entre le Palais Bourbon, les Thermes de Cluny ou la Sainte Chapelle ? : la Pierre de Saint-Maximin de l’Oise. Depuis l’époque gallo-romaine jusqu’à nos jours, le Sud de l’Oise est réputé pour la qualité de sa pierre. Aujourd’hui, cinq carrières sont encore exploitées à Saint-Maximin. La pierre qui en est extraite sert essentiellement à la restauration des monuments historiques ou alors est exportée à l’étranger : en Angleterre, beaucoup aux Etats-Unis et en Asie. Les Américains sont friands de cette pierre qui leur sert à construire leurs belles demeures. Elle reflète l’image de la France.

Bon à savoir : la Maison de la Pierre du Sud de l’Oise à Saint Maximin organise des visites thématiques dans les carrières, des expositions ou encore des ateliers de sculpture accessibles à tout public.

La Tapisserie de la Haute lisse

Afin de soutenir la production nationale, Colbert, contrôleur général des finances de Louis XIV, décide la création d’une Manufacture de tapisseries à Beauvais en 1664. Situé sur la route des Flandres, Beauvais est choisi pour sa situation géographique mais également pour sa longue tradition de tissage remontant au Moyen Âge.

Après des débuts difficiles, la Manufacture connaît son apogée au XVIIIème siècle sous la direction du peintre Jean-Baptiste Oudry arrivée en 1734. Il insuffle un nouvel élan à l’établissement en adaptant la production de la manufacture à la demande de la riche clientèle et en s’entourant des plus grands artistes de l’époque. L’entreprise est un véritable succès et la Manufacture connaît un rayonnement international.

Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, en août 1939, les ateliers de la manufacture quittent Beauvais. Ainsi mis à l’abri, ils échappent aux bombardements de juin 1940 qui détruisent la ville.

Après 50 ans d’absence, les ateliers de basse-lisse reviennent à Beauvais dans les anciens abattoirs municipaux édifiés en 1851. Inaugurée le 27 janvier 1989, la manufacture nationale de la tapisserie accueille aujourd’hui une vingtaine de lissiers. Les œuvres sont tissées à partir de modèles commandés à des artistes contemporains pour orner les ministères, les ambassades et les résidences présidentielles.

Bon à savoir : la manufacture est ouverte uniquement à l’occasion de visites guidées, proposées aux individuels de mai à août. 

La Nacre

Dès le XVIIème siècle, les tabletiers de la région de Méru fabriquent pour les grossistes parisiens des objets de luxe (éventails, jumelles, broches, boutons…) dans des matières naturelles provenant du bout du monde : huîtres perlières, coquillages, corne, écaille, ivoire, os et bois exotiques. Aujourd’hui, c’est le musée de la Nacre et de la tabletterie qui rend hommage à ce qui fut l’activité dominante de la région à une époque. Le musée est installé dans un superbe bâtiment en briques du XIXème siècle, ancienne usine de boutonnerie, entièrement rénovée. La visite permet de découvrir les différentes étapes de la fabrication de dominos et de boutons ainsi que les nombreuses pièces de collection et les matières premières. Une imposante machine à vapeur fournit l’énergie pour toutes les machines. Tous les ateliers fonctionnent et des démonstrations sont effectuées à chaque visite.

Bon à savoir : Le Musée de la Nacre et de la Tabletterie est ouvert toute l’année, tous les jours sauf le mardi de 14h30 à 18h30. Visites guidées et démonstrations à 15h et 16h15.

Musée de la Nacre

Entre le XI et le XIIIème siècle, on comptait plus de 200 ateliers de poterie dans l’Oise ! Aujourd’hui de nombreux potiers perpétuent la tradition en produisant à la fois des objets utilitaires, des carrelages et des œuvres d’art. Toutes les techniques du métier sont représentées – du grès émaillé à la faïence en passant par le raku ou la terre sigillée – et réunissent tous les genres – utilitaire, ornemental, sculptural et architectural. Certains artistes ouvrent leurs ateliers sur rendez-vous.

Patrice Deschamps- Potier à Warluis.

La céramique

19 céramistes, soucieux de faire partager leur passion et leur savoir-faire, se sont réunis au sein de l’association Potiers et Céramistes de l’Oise. Parmi tous ces artisans, Stéphane Quilan à Gerberoy, connue pour ses poteries en terre vernissée et raku. Caroline Sobczak à Ponchon qui propose des objets en grès et porcelaine, toujours des pièces uniques tournées ou modelées. Patrice Deschamps à Warluis, passionné par les cuissons à haute température et leurs effets ou encore Claire Fréchet à Gouvieux qui offre des créations aux reliefs contrastés, inspirées de la géologie. Sans oublier la Briqueterie Dewulf à Beauvais dont les productions révèlent toute la qualité des fabrications artisanales.

La Poterie de Gerberoy

La dentelle de Chantilly

Avant d’être réputée dans le monde entier et prisée par les créateurs de mode du XXIe siècle, la Dentelle de Chantilly fut très en vogue sous le règne de Napoléon III. L’épouse de celui-ci, l’Impératrice Eugénie de Montijo, d’origine espagnole, affectionnait les dentelles noires dont elle lança la mode. De nombreuses pièces d’habillement ou des accessoires furent créées en dentelle de Chantilly : châles, voilettes, éventails, ombrelles, cols, barbes, cravates et de nombreux volants de toutes largeurs qui servaient à confectionner jupes et corsages. A la mode jusqu’en 1840, les blondes noires et blanches laissèrent la place à la dentelle noire que l’on appelle “Chantilly“. Très tendance et très demandée aujourd’hui, la dentelle de Chantilly offre une finesse unique. Plus aérée, légère et transparente, elle est aussi la plus chère. Pour les passionnés d’Histoire, le musée de la Dentelle de Chantilly, créé en 1985, rassemble de très belles pièces : châles, ombrelles et éventails en dentelle. 

Bon à savoir : Chaque mercredi, en saison, une démonstration du métier de dentellière ainsi que des cours de dentelle, sont proposés aux visiteurs.

Musée de la brosserie

Classé monument historique en 1991, le Moulin de St Félix est le dernier vestige d’une activité industrielle qui fût très importante dans l’Oise : la brosserie fine en os et en bois. Retour au XIXe siècle : alors très prospère, cette industrie de luxe comptait de nombreuses petites usines installées dans la vallée du Thérain grâce à un petit affluent de l’Oise au débit régulier. Fondé sur l’emplacement de deux moulins, ces derniers fournissaient, grâce à trois roues hydrauliques, l’énergie aux machines permettant la fabrication de brosses en tout genre, y compris la brosse à dents moderne qui fut inventée dans l’Oise. Exportées dans le monde entier sous les marques Falconia et Autin, elles disparurent en 1979, victimes du progrès industriel. 

Bon à savoir : Resté dans son jus, le site est devenu musée aujourd’hui, repris par des passionnés qui en proposent la découverte insolite.

Le Moulin musée de la brosserie

La Clouterie Rivierre

Des p’tits clous, des p’tits clous, encore des p’tits clous ! Des gros, des petits, des ronds, en laiton, en acier, en alu : la Clouterie Rivierre est la dernière usine de clous « Made in France » ! Fondée en 1888 à Creil, cette sublime manufacture a conservé son décor « zola-ien » d’origine avec ses poutres métalliques et sa grande verrière . Le clou du spectacle ? La salle des machines où 325 vieilles dames de fer, âgées de près de 130 ans, fabriquent encore semences, bossettes ou carvelles… Véritables œuvres d’art, ces » bêtes d’acier » crachent chaque jour des milliers de clous grâce aux 18 salariés, sentinelle du savoir-faire Rivierre ! A la fois lieu insolite et Entreprise du patrimoine vivant, la Clouterie Rivierre est unique. Les clous sont toujours fabriqués sur les machines d’époque et sont d’une incroyable flexibilité : on compte pas moins de 2 800 références différentes !

Bon à savoir : Venez découvrir l’histoire de la clouterie Rivierre lors d’une visite guidée tous les mercredis de l’année à 14h (réservation obligatoire).

Clouterie Rivierre

Carrelages de Saint-Samson

Unique témoin d’une époque où l’Oise était alors le premier exportateur de produits de terre cuite, brique et carrelage, la manufacture des Carrelages de Saint-Samson est l’histoire de la famille Briard, dont le savoir-faire s’est transmis de génération en génération depuis 1836. Reprise en 2008 par les frères Alglave, l’entreprise répète les mêmes gestes que les ouvriers du XIXe siècle : du concassage du bloc d’argile au défournement des galettes préalablement moulées et séchées, tout est fait à la main, à partir des argiles grises, noisettes, réglisses et rouges tomette du Pays de Bray. Inscrite à l’Inventaire des métiers d’art rares de France sous le patronage de l’Unesco, l’usine fournit de nombreux architectes, décorateurs, designers ou institutions comme Isabel Marant ou le Petit Trianon de Versailles.

Bon à savoir : Découvrez la fabrication des carrelages de Saint Samson du lundi au Jeudi de 9h à 12h et de 13h30 à 17h

Les faïences de Ponchon

À Ponchon, Caroline Sobczak est la dernière à perpétuer le décor de carrelage sur émail cru, au sein des  » Faïences de Ponchon « , une Entreprise du patrimoine vivant. Née en 1820, la première fabrique était à son apogée au milieu du XIXe siècle avec l’arrivée de l’eau et des éviers. Issus d’un catalogue de motifs spécifiques et d’un bleu de cobalt soutenu, ces carreaux en faïence sont très prisés par les architectes et les décorateurs et habillent toujours les crédences des cuisines de la maison de Monet à Giverny, celle d’Emile Zola à Medan ou encore celle du château de Vaux Le Vicomte !

Bon à savoir : Atelier ouvert sur rendez-vous le lundi, mardi, jeudi et vendredi : 9h15 à 12h – 14h à 17 et le samedi : 9h15 à 12h